Élargir le concept du « nous », thème du 76e congrès national bahá’í

| 14 mai 2026

Des délégués de toutes les régions du Canada se sont réunis lors d’un forum au cours duquel ils ont pu constater les progrès accomplis par leur pays dans l’exécution du Plan de neuf ans. Ils ont également élu l’Assemblée spirituelle nationale pour l’année à venir.

Du 23 au 26 avril, 159 délégués se sont réunis. Ils venaient de tous les horizons : de St. John’s (Terre-Neuve-et-Labrador) à l’île de Vancouver (Colombie-Britannique), en passant par Arviat (Nunavut). Ils étaient animés d’un ferme espoir pour l’avenir du Canada. Leurs délibérations se sont déroulées dans une atmosphère caractérisée par la confiance et le sentiment de contribuer à un effort collectif et ils ont élu l’Assemblée spirituelle nationale des bahá’ís du Canada, qui servira pour l’année à venir.

Les délégués, remplis de joie après avoir reçu le message du Ridván quelques jours plus tôt, ont raconté comment, dans toutes les localités du pays, la communauté – une conception du « nous » qui s’élargit constamment – s’impose comme un protagoniste et crée des havres de paix en s’inspirant des enseignements de Bahá’u’lláh.

L’Assemblée nationale a guidé la consultation et a souligné un changement de perspective qui s’est produit au Canada au cours des quatre dernières années. Nous ne pensons plus à la croissance selon une approche hiérarchique descendante, mais dans une optique basée sur la base. Nous adaptons les structures institutionnelles aux types de croissance qui se produisent, et élargissons notre perspective pour inclure tout le monde.

Outre les contributions des délégués, celles des deux conseillers résidents du Canada, M. Ayafor Temengye Ayafor et M. Borna Noureddin, ont beaucoup enrichi le congrès. De plus, les délibérations ont été rehaussées par une allocution du Conseil des mandataires du ḥuqúqu’lláh au Canada et par la présence de M. Firaydoun Javaheri et de Mme Vida Javaheri, ainsi que celle des membres des corps auxiliaires et des observateurs venus de tout le pays.

Cette année, le Congrès national s’est tenu deux semaines après une réunion institutionnelle nationale. Cette réunion a permis d’analyser les progrès accomplis par le Canada à mi-chemin de ce plan de neuf ans, qui vise à libérer le pouvoir de la Foi en tant que force de construction sociale. L’examen des nouveaux horizons de l’apprentissage au Canada, mené en collaboration avec Mme Antonella Demonte, membre du Centre international d’enseignement, s’est poursuivi au Congrès.

L’Assemblée nationale a salué les efforts déployés par le Canada pour ériger sa Maison d’adoration. Dans son rapport annuel, elle a déclaré : « […] nous sommes pleinement conscients des aspects communs de ce projet divin unique en cours, alors que les travaux de construction de la Maison d’adoration du Canada s’accélèrent en parallèle avec les efforts des amis pour bâtir un nouveau Canada. Les premières mesures concrètes et historiques – qui, à certains égards, marquent un véritable tournant – ont été prises. En outre, les préparatifs ont débuté pour aménager la rue Leslie et créer un nouveau sentier piétonnier menant au site du Temple. »

Un des thèmes abordés lors du Congrès, était inspiré du message du Ridván et portait sur les liens entre les trois acteurs principaux du Plan : la communauté, les institutions et l’individu. Nous avons beaucoup appris sur ce que cela signifie pour la communauté de s’imposer comme protagoniste. M. Noureddin a aidé les participants au Congrès à réfléchir à l’interdépendance de ces trois acteurs principaux, et au fait que nous ne pouvons en explorer un sans tenir compte des autres.

Les délégués ont examiné les questions suivantes : « Que signifie être ouvert à tous ? » et « Qui est ce “nous” qui agit en tant que communauté dans ce Plan ? ». Un délégué de Richmond, en Colombie-Britannique, a affirmé : « Les familles lancent des projets de service et ont le sentiment de faire partie d’une communauté mondiale. Leur langage évolue. Elles ne disent pas que les bahá’ís organisent ceci ou cela. Elles disent “nous organisons telles choses”. »

Le Congrès s’est penché sur la notion de l’adhésion et a examiné les enseignements tirés du cheminement des nouveaux croyants qui ont franchi le seuil, de même que ce « moment unique dans le développement spirituel d’une personne »[1]. « Comment reconnaître quand la cité du cœur est ouverte[2] » et comment les institutions peuvent identifier les obstacles à l’adhésion, ainsi que les affirmations tant en paroles qu’en actes, ont également fait l’objet de consultations, en tenant compte, par exemple, du rôle de la Fête des dix-neuf jours et des élections.

Un délégué d’Edmonton, en Alberta, a raconté que 13 jeunes Autochtones avaient récemment franchi le seuil et voulaient organiser un camp pour approfondir ensemble le jeûne bahá’í et faire l’expérience du jeûne pour la première fois. Il a parlé du rôle de la communauté en tant que protagoniste : « Lorsqu’une population est confrontée à une question, ne répondez pas à sa place, mais réfléchissez à trouver des espaces où elle pourra explorer cette question par elle-même. »

Le Congrès a souvent mis en évidence l’importance des jeunes dans l’édification d’un avenir prospère pour le Canada. Il est apparu manifeste que des espaces tels que les conférences et les camps ont profondément marqué leur engagement. Selon la Maison de justice, les efforts de ces jeunes se déploient souvent « dans un contexte de conflits et de troubles, d’inégalités économiques et de profondes divisions sociales »[3]. Cependant, comme l’a décrit un délégué de Stratford, en Ontario, les jeunes ont fait preuve d’une formidable capacité à créer des milieux qui combattent ces forces destructrices. Ils montrent ce que signifie pour la communauté de se positionner comme un acteur principal. Par exemple, à Toronto, en Ontario, les jeunes ont ouvert plus de 30 foyers d’activité ces derniers temps. Ils se soutenaient naturellement les uns les autres dans cette entreprise.

Des cartes de toutes les régions du pays étaient affichées dans la salle de Congrès. Chaque groupement était délimité et coloré dans une nuance de vert de plus en plus foncée, selon son stade d’avancement. Le concept d’« écosystème d’apprentissage » sur lequel les institutions de la Foi « sont finalement chargées de veiller[4] » a fait l’objet de nombreuses discussions. Il s’agit notamment d’ensembles de groupements contigus, chacun ayant un groupement réservoir, apprenant et évoluant ensemble. Un délégué de North Cowichan, en Colombie-Britannique, a fait remarquer que « chaque groupement apprend et partage son expérience, même s’il n’est pas encore pleinement développé ». Adopter cette vision des régions s’inscrit dans l’élargissement du concept du « nous ».

Le Congrès a également examiné le rôle de l’individu en tant qu’acteur principal. M. Ayafor a souligné que c’est l’individu qui attire le pouvoir de l’Esprit-Saint dans un lieu donné, rappelant ainsi les objectifs du Canada en matière de service pionnier, tant sur le plan national qu’international. Ce programme éducatif progressif, qui s’étend de l’enfance, avec des cours pour enfants, jusqu’à l’Institut d’études sur la prospérité mondiale, transforme clairement les trois protagonistes : la communauté, les institutions et l’individu.

Le scrutin s’est tenu un samedi matin pluvieux. L’atmosphère solennelle régnant lors du scrutin ainsi que l’humilité et le dévouement des délégués étaient très émouvants. Le taux de participation a atteint 100 %. Les 171 bulletins de vote ont été déposés, dont 159 en personne et 12 remis par une tierce. Aucun bulletin ni aucun vote n’ont dû être invalidés.

Un groupe de bahá’ís canadiens servant au Centre mondial bahá’í a envoyé des photos des jardins en même temps qu’ils ont prié pour l’élection de l’Assemblée spirituelle nationale par les délégués.

L’Assemblée spirituelle nationale pour l’année à venir est composée des personnes suivantes : Mehran Anvari, Alex Arjomand, Jordan Bighorn, Zelalem Bimrew Kasse, Nabet Fani, Hoda Farahmandpour, Ciprian Jauca, Karen McKye et Veronica Robinson.

Les délégués et les observateurs venaient d’horizons très divers : villes, campagnes, banlieues et régions éloignées. Grâce au partage d’expériences inspiré par la réflexion sur le message du Ridván et d’autres directives, tous ont pu entrevoir de nouvelles perspectives et apprendre les uns des autres.

Une déléguée de Comox Valley, en Colombie-Britannique, a raconté que son groupement apprenait à organiser des fêtes pour enfants et à impliquer tous les parents. Bien qu’ils ne soient apparemment qu’une douzaine d’amis qui travaillent ensemble, elle a découvert qu’ils étaient en contact avec environ 200 personnes, ce qui ouvre de nouvelles possibilités. « Nous nous reconnaissons dans tout ce qui se dit lors du Congrès, même si nous sommes une petite communauté, un petit groupement », a-t-elle dit.

Certains des amis assistaient aussi au Congrès pour la première fois. L’un d’eux, originaire de Toronto, en Ontario, a dit : « Le Congrès est une institution à part entière – un véritable espace de concertation où les délégués dialoguent avec l’Assemblée spirituelle nationale… Il y règne un tel esprit de recueillement et de prière! »

Un délégué d’Arviat, au Nunavut, qui participait pour la première fois au Congrès, a affirmé : « Il est rare de trouver des espaces où des personnes de réalités et d’horizons divers se réunissent et sont désireuses d’apprendre. Dans la société, on voit souvent des gens qui ont des ambitions personnelles précises, mais ici, rien de tout cela n’était présent. »

Parmi les nombreux observateurs qui, assis dans la salle à l’étage supérieur, suivaient le Congrès en direct, on comptait aussi des jeunes. L’un d’eux, venu de Surrey, en Colombie-Britannique, qui assistait pour la première fois au Congrès, a déclaré : « J’avais très envie d’en savoir plus sur le Canada en tant que nation… Cela me rappelle qu’il y a des gens, partout dans le monde, qui s’engagent de cette manière. Je repartirai avec tant d’idées et de réflexions. C’est un vrai bonheur d’être ici. »

Le Congrès a mis en évidence l’importance de l’espoir. En effet, la Maison de justice a déclaré dans son message du Ridván : « Lorsque l’horizon s’assombrit, l’espoir devient une ressource rare et précieuse – mais la communauté du Très-Grand-Nom en est abondamment pourvue grâce à sa conviction quant à l’avenir de l’humanité et à ce qu’elle tire de sa propre expérience. »

M. Noureddin a expliqué comment la communauté bahá’íe avait gagné en capacité à mener des conversations constructives, en soulignant que l’espoir constitue l’un des aspects de ces échanges. « Même lorsque nous abordons des défis et des préoccupations, il arrive parfois que notre propre désespoir transparaisse », a-t-il souligné. « Quel bonheur de participer à une conversation qui, même lorsqu’elle traite de difficultés, reste empreinte d’espoir ! »

Il est possible que le découragement émerge d’une incertitude concernant la direction à prendre. Toutefois, les conseillers nous ont fait remarquer que le cœur de nombreuses personnes est réceptif. Ils ont raconté qu’autrefois, une ville ne comptait généralement qu’une seule voie d’accès, mais que, de nos jours, les villes modernes en offrent plusieurs. Cette réalité illustre l’esprit d’ouverture qui caractérise le Canada d’aujourd’hui.

Dans ses remarques de clôture, l’Assemblée spirituelle nationale a souligné que :

« Ce qui est particulièrement remarquable dans vos commentaires, c’est la façon dont les communautés et les groupements de toutes sortes, dans tous les contextes, avancent ensemble. Sur l’ensemble des vastes régions boréales caractérisées par des espaces immenses et une faible densité de population, mais qui ont été saluées par une distinction spéciale du Maître bien-aimé, les graines plantées au fil des décennies commencent à pousser. Il était émouvant d’entendre la description des liens entre deux des délégués. C’est avec plaisir qu’on a vu comment les populations autochtones et canadiennes-françaises se mobilisent pour faire avancer le travail du Plan, de même que la forte présence de la communauté indienne de Brampton aux Fêtes. Les mentions de la réalité humaine, comme à East Hastings, à Stratford et dans les quartiers, nous ont montré que, même si nous souffrons avec l’humanité, nous ne sommes pas découragés par sa souffrance. Même si les forces de la société nous affectent, elles ne nous déstabilisent pas. »

« Dans un monde qui s’est résigné à des conditions de clivage et de division, vous, ses bien-aimés, ainsi que ceux qui s’identifient comme bahá’ís ou non, montrez la voie aux gens du Canada. Prompts à agir et avides d’apprendre, aidez-les à se rapprocher toujours plus du seuil de l’unité. »

Photos: Gordon Braithwaite with contributions from Liam Dousti

[1] La Maison universelle de justice, message aux corps continentaux de conseillers, daté du 30 décembre 2021.
[2] La Maison universelle de justice, message aux corps continentaux de conseillers, daté du 31 décembre 2025.
[3] La Maison universelle de justice, message aux bahá’ís du monde, Ridván 2026.
[4] La Maison universelle de justice aux corps continentaux de conseillers, 31 décembre 2025.

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