Réflexions sur les défis de notre époque

Publié le : 2021/09/14

La conférence de l’Association d’études bahá’íes, qui s’est tenue au cours de la dernière semaine de juillet 2021, avait pour but de « promouvoir un apprentissage qui met en corrélation les idées de la Révélation de Bahá’u’lláh et les discours des domaines universitaires et professionnels[1]. »  M. Paul Lample, membre de la Maison universelle de justice, a prononcé le discours d’ouverture.

S’adressant à un public virtuel, M. Lample a axé son discours sur quelques concepts. Il a commencé par décrire le moment actuel de l’histoire de la Foi. « Nous nous trouvons entre la conclusion d’une série de plans, a-t-il expliqué, et le début d’une autre. La clôture du premier siècle de l’ère formative et le début d’un nouveau siècle. » S’appuyant sur le message du 25 novembre 2020 de la Maison universelle de justice, M. Lample a décrit cette période spéciale en disant : « c’est une année de profonde réflexion. Réflexion sur la vie de ‘Abdu’l-Bahá, sur la force de l’Alliance dont il était le centre, et sur les défis que nous avons relevés dans le passé et ceux que nous aurons à relever à l’avenir. »

De tout temps, l’humanité a tenté de décrire et d’étudier le concept de moralité, et de poser des questions telles que « Qu’est-ce qui est bon ? Qu’est-ce qui est juste ? Qu’est-ce qui est correct ? » et « Qu’est-ce qui mène à la paix, à l’unité, à la prospérité, à une vie pleine de sens et au bien commun sous la forme d’une civilisation en constante évolution ? Comme il l’a rappelé à son auditoire, Bahá’u’lláh nous dit que la réalité de l’être humain est l’âme, et que chaque âme possède des dons divins qu’elle doit s’efforcer de développer à leur plein potentiel. Une société juste est une société dans laquelle chaque individu est en mesure de cultiver et d’exprimer ces potentialités et, comme l’a déclaré M. Lample, une société dans laquelle « chaque âme humaine née dans ce monde est une charge de la société dans son ensemble. »

À partir de là, M. Lample a commencé à explorer ce que Bahá’u’lláh dit sur ces questions, qui ont trait à la moralité et à l’ordre moral. Il a également donné des exemples de certains des dons et instruments que Bahá’u’lláh a mis à la disposition de l’humanité pour l’aider à transformer la société et à établir la justice en cours de route.

Comme l’a expliqué M. Lample, une fois qu’une âme reconnaît Bahá’u’lláh, elle devient une nouvelle création, née de l’esprit de foi, et elle trouve « une conviction qu’[elle] n’avait pas auparavant dans une réalité spirituelle. » M. Lample a ensuite décrit un nouveau mode de pensée et de vie que cette âme adoptera, et il a dit :

La présence de cette conviction spirituelle profonde entraîne alors le début de nouvelles relations avec Dieu, avec nous-mêmes, avec les autres, avec le monde… avec les institutions de la société et ainsi de suite. Pour les bahá’ís, la spiritualité et la foi sont la conviction et l’action conscientes d’agents moraux responsables en vue de ces relations justes.

M. Lample a ensuite dressé une liste de certains des dons et instruments que Bahá’u’lláh a donnés à l’humanité sur la voie de la transformation de ces relations. Il s’agit notamment de : la recherche indépendante de la vérité ; le concept de l’amour divin — l’amour qui doit être utilisé pour lier les gens ensemble et les unir dans leur recherche de solutions ; la justice — qui aide à comprendre le bien commun et ce qui fait le bonheur humain et une vie pleine de sens ; le pouvoir de la parole — qui peut être utilisé soit pour diviser les gens, soit pour les rassembler et les unir ; la tolérance et la droiture pour gouverner les affaires des êtres humains — faire ce qui est juste et être indulgent envers les autres lorsqu’ils font aussi un effort ; et l’idée que les enseignements moraux religieux sont empiriques — que « la religion est jugée sur le fait qu’elle porte ou non de bons fruits. » Le dernier exemple que M. Lample a donné comme l’un des dons de Bahá’u’lláh est son Alliance et l’Ordre administratif.

M. Lample a décrit l’Alliance comme étant une « boussole fiable qui vous maintient dans la bonne direction. Où que vous soyez, quel que soit le stade de développement de la Foi, quels que soient les défis à relever ». En agissant ainsi, les bahá’ís sont en mesure de maintenir leur unité et de propager les enseignements de Bahá’u’lláh dans tous les coins du monde.

L’ordre administratif, comme l’a expliqué M. Lample, « au-delà du gardiennat et de la Maison universelle de justice, consiste en des arrangements institutionnels entre les bahá’ís eux-mêmes », y compris les systèmes qui se développent pour les élections des institutions bahá’íes. M. Lample a décrit les relations qui se développent comme ayant un caractère de soutien mutuel. À ce sujet, il a déclaré :

Plutôt que d’être en concurrence les uns avec les autres pour exercer leurs propres droits et prérogatives, l’individu, la communauté et les institutions, sont organisés de manière à s’harmoniser les uns avec les autres et la responsabilité de chacun est essentiellement de veiller sur l’autre… Ainsi, la communauté est responsable de l’individu et de l’institution ; l’institution se préoccupe du bien-être de l’individu et de la communauté ; et l’individu est responsable de veiller à ce qu’il y ait une communauté prospère et une institution qui est vigoureusement soutenue.

S’appuyant sur le thème de l’Alliance et de son Centre, ‘Abdu’l-Bahá, M. Lample a décrit certaines des façons dont les bahá’ís apprennent du Maître dans leurs propres efforts pour transformer et façonner les relations dans la société. Les exemples qu’il a donnés concernaient ‘Abdu’l-Bahá en tant qu’agent moral — « comment il a agi dans le monde pour pouvoir le transformer dans toutes ses dimensions et l’aligner sur les attentes de Bahá’u’lláh pour l’humanité. »

Ces exemples sont les suivants :

  • La contribution de ‘Abdu’l-Bahá aux défis intellectuels auxquels l’humanité est confrontée – par son Testament, Les tablettes du plan divin, Le secret de la civilisation divine, les Tablettes à La Haye et les diverses allocutions qu’il a prononcées en Occident – qui guide l’humanité dans ses propres efforts pour transformer la société.
  • L’identité propre de ‘Abdu’l-Bahá —Il se considérait comme le serviteur de Bahá’u’lláh et n’acceptait aucune louange ; il savait quelle était sa mission et, a expliqué M. Lample, « rien ne pouvait le détourner de l’accomplissement de la fonction qu’il savait devoir remplir. » En regardant cet exemple, les êtres humains peuvent réfléchir à leur propre identité — à la question de savoir s’ils peuvent se considérer aussi comme des serviteurs de Bahá’u’lláh qui ont certaines responsabilités en tant qu’agents moraux.
  • La façon dont ‘Abdu’l-Bahá a utilisé le pouvoir de la parole — ‘Abdu’l-Bahá a utilisé sa parole comme un moyen d’appeler les gens à une façon plus élevée de penser. « Dans l’ensemble de ses écrits, [Bahá’u’lláh] parle de la nature de la parole », a déclaré M. Lample. « Une forme de parole est un poison mortel, une autre un remède curatif. Parfois c’est de la viande, parfois c’est aussi doux que du lait. Et donc, il faut faire preuve de sagesse pour engager les autres. » M. Lample a poursuivi en disant que les bahá’ís doivent développer une capacité de persuasion morale parce que le changement de ces relations ne sera pas fait par les bahá’ís seuls. « Chaque nation et chaque peuple devra participer », a souligné M. Lample. De plus, le langage utilisé par les bahá’ís ne peut pas être simplement une répétition aveugle du langage utilisé dans la société. « Comme ‘Abdu’l-Bahá, nous pouvons analyser le langage et la conversation et tenter de les transcender », a affirmé M. Lample.
  • Le pouvoir de la pensée de ‘Abdu’l-Bahá — qui aide l’humanité à transcender le cadre moral existant dans le monde. Un exemple de cela est le défi que présentent les extrêmes de richesse et de pauvreté qui existent dans le monde d’aujourd’hui. M. Lample a fait remarquer que le système économique actuel est profondément injuste, mais que les êtres humains l’ont créé à cause de ce qu’ils croient et de ce qu’ils valorisent. « Bahá’u’lláh n’est pas venu avec un système économique », a expliqué M. Lample, « Ce qu’il a apporté, c’est une façon différente de penser — de sorte qu’une fois que les êtres humains auront pensé à ces choses différemment, ils pourront trouver un moyen d’organiser leurs affaires d’une manière plus juste. » Lorsque ‘Abdu’l-Bahá parle de progrès matériel et spirituel, comme l’explique M. Lample, « il parle de l’idée que l’ordre économique doit assurer la santé de chacun, doit fournir à chacun un logement, doit prendre soin de chacun pendant sa retraite, doit prendre soin de chacun lorsqu’il est en mauvaise santé », et qu’un ordre économique juste permet à chacun de remplir son double objectif moral.

En s’appuyant sur ces exemples de la façon dont le Maître a illustré les enseignements de Bahá’u’lláh dans le monde, les bahá’ís apprennent à aligner leurs propres actions et objectifs sur la volonté divine.

Bien qu’il y ait une myriade de défis auxquels l’humanité est aujourd’hui confrontée, les remarques suivantes de M. Lample montrent que les actions entreprises par les bahá’ís dans leurs efforts pour mettre en œuvre les plans globaux établis pour eux par la Maison universelle de justice sont résolument porteuses d’espoir :

Que ce soit dans notre processus de construction communautaire, dans notre travail de développement social et économique, dans notre implication dans les discours de la société à différents niveaux, que ce soit l’implication personnelle ou l’implication collective des institutions bahá’íes, nous apprenons à créer des espaces, à élargir ces espaces, puis, à l’intérieur de ces espaces, à essayer de comprendre ce que Bahá’u’lláh a dit et à le traduire en action pour recadrer les relations entre les individus, les communautés et les institutions, les placer sur une nouvelle base, créer la justice et la compréhension, éliminer les préjugés, et ainsi de suite. Et au fur et à mesure que notre pouvoir et nos capacités augmentent, nous serons en mesure d’élargir davantage ces espaces. Et à mesure qu’ils se multiplieront, qu’ils deviendront plus puissants, que notre compréhension des problèmes humains augmentera, nous commencerons à voir cette transformation que Bahá’u’lláh a en tête, nous commencerons à résoudre les problèmes de la société.

Dans ses remarques finales, M. Lample a souligné qu’aujourd’hui le travail des bahá’ís exige un haut degré d’effort et de discipline. Comme il l’a fait remarquer, il n’y a pas de formule magique pour résoudre les défis de l’humanité. Ils peuvent être relevés par des actions prises petit à petit et jour après jour, « pour traduire ce que Bahá’u’lláh a dit en réalité et en action. »

Une vidéo de cette allocution dans son intégralité est disponible à l’adresse https://vimeo.com/563878944.

 

[1] https://www.bahaistudies.ca/conferences/